Un retournement spectaculaire. Malgré la poursuite de la guerre au Moyen-Orient, les marchés financiers se sont retournés depuis lundi 9 mars au soir. La raison ? Une simple déclaration de Donald Trump. Dans l'après-midi, le président américain a affirmé que la guerre était "quasiment" finie, laissant entrevoir une fin prochaine au conflit. Et même si les déclarations du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou(nouvelle fenêtre) ne vont pas franchement dans ce sens - "nous n'avons pas encore fini de leur briser les os", a-t-il affirmé -, cela a suffi à rassurer le monde de la finance.
Ce mardi matin, les Bourses européennes ont ouvert en hausse. À commencer par celle de Paris. Vers 11h, elle grimpait de 1,76% par rapport à lundi, rattrapant une partie de ses pertes enregistrées tout au long de la semaine dernière. Londres (+1,18% à l'ouverture), Francfort (+2,02%) et Milan (+2,47%) suivaient la même tendance. Les investisseurs saluent le "message 'rassurant' de Donald Trump", explique John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank, auprès de l'AFP.
Les taux obligataires enfin en baisse
En une phrase - il a aussi assuré qu'il "réfléchissait à prendre le contrôle" du détroit d'Ormuz -, le président américain a également inversé les cours des hydrocarbures(nouvelle fenêtre), qui ont flambé depuis le début de la guerre(nouvelle fenêtre). Dans la matinée, le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence du marché américain, reculait de 8,95% à 86,29 dollars. Celui de Brent de la mer du Nord perdait 8,85% à 90,20 dollars. Les deux références ont chuté de plus de 10% en début de séance. Côté gaz, le TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, s'affichait en baisse de 16,04%, à 47,40 euros le mégawattheure.
En plus de permettre à l'économie de reprendre son souffle et aux prix de l'énergie de ne pas flamber, cette inversion des courbes est aussi une bonne nouvelle pour l'endettement des États. Depuis ce mardi matin, le taux d'emprunt de la France a ainsi diminué de près de 2%, retrouvant un niveau similaire à celui du 5 mars. Mais pas celui de fin février, avant le déclenchement du conflit armé.
"L'incertitude va perdurer"
Alors, simple répit ou véritable retour à la normale ? "L'incertitude va perdurer" car "le conflit au Moyen-Orient se poursuit à plein régime, les développements politiques ne laissent pas entrevoir de résolution à court terme", tempère Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank. "Les investisseurs restent nerveux et réagiront immédiatement à toute escalade du conflit", résume de son côté Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets, toujours auprès de l'AFP.
Car si les propos de Donald Trump(nouvelle fenêtre) ont rassuré les investisseurs, c'est davantage avec des actes que le rebond boursier pourra se confirmer. Le locataire de la Maison Blanche, qui surveille les marchés financiers comme du lait sur le feu, en est conscient. En témoigne le déclenchement de la guerre... un samedi, après la clôture des marchés financiers jusqu'au lundi. "En faisant ses actions lorsque la Bourse est fermée, Donald Trump évite les paniques immédiates sur le marché", analyse Antoine Andreani, analyste senior des marchés financiers chez XTB, à 20 Minutes(nouvelle fenêtre).
Elles ont finalement eu lieu dans les jours suivants. Sur l'ensemble de la semaine dernière, l'indice parisien CAC 40 a ainsi dévissé de 6,84%, le S&P 500 aux États-Unis a perdu 2%, et les cours des énergies se sont envolés. Sur des marchés si volatiles, toute déclaration peut radicalement modifier la tendance… au moins temporairement.

Enregistrer un commentaire